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  • Chômage: et l'Outre-mer ?

    En décembre, le nombre de chômeurs en catégorie A était de 3,59 millions en métropole, alors qu'en prenant les DOM en compte, il culminait à 3,85 millions.En décembre, le nombre de chômeurs en catégorie A était de 3,59 millions en métropole, alors qu'en prenant les DOM en compte, il culminait à 3,85 millions. AFP/Nicolas Derne Chaque mois, les chômeurs des départements d'outre-mer ne figurent pas dans les statistiques les plus commentées par les politiques et les médias. Les chiffres de décembre, publiés ce mercredi par Pôle emploi, ne font pas exception à la règle... La République française tolère chaque fin de mois une entorse à son principe d'indivisibilité. Dans la bouche des responsables politiques comme sous la plume des médias - L'Express compris -, une expression tourne en boucle: le chômage "en France métropolitaine". A l'heure de scruter les listes des inscrits à Pôle emploi, ceux des départements d'outre-mer (DOM), sans même parler des collectivités (COM), sont chassés des chiffres les plus commentés. Les statistiques pour décembre, publiées ce mercredi soir, n'ont pas dérogé à cette règle tacite. Le communiqué officiel annonce une hausse de 0,4%... en métropole seulement. Ces données mensuelles, dans lesquelles les observateurs cherchent les indices d'une éventuelle inversion de la courbe du chômage, sont établies par la direction des statistiques du ministère du Travail (Dares) à partir des fichiers de Pôle emploi. Invariablement, le premier chiffre mis en avant, celui qui sera repris partout, ne concerne que la situation de l'Hexagone. Le nombre des chômeurs "France entière" ou "DOM compris", avec la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion mais sans Mayotte, n'apparaît que plus loin. Et si les chiffres pour la métropole font l'objet d'un certain niveau d'analyse - nombre de chômeurs selon le sexe et l'âge, analyse des sorties des listes par motifs, par exemple - il n'en est rien pour l'outre-mer. Cette mise en lumière sélective peut avoir un intérêt politique. Eclipser l'outre-mer soulage un peu le calvaire des ministres du Travail, car le chômage y est historiquement très élevé, de l'ordre du double de la moyenne nationale. "Ces territoires ont de toute petites économies, avec des offres d'emplois forcément limitées, malgré une démographie toujours forte, relève Olivier Sudrie, économiste spécialiste de l'outre-mer à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Les plus diplômés migrent en métropole et ceux qui restent ont souvent un faible niveau de qualification." En décembre, le nombre de chômeurs en catégorie A était de 3,59 millions en métropole, alors qu'en prenant les DOM en compte, il culminait à 3,85 millions. Le mois précédent pourtant, Myriam El Khomri aurait mieux fait de vanter la baisse du nombre de demandeurs d'emploi dans la France entière - 17 500 DOM compris - plutôt que les 15 000 du seul Hexagone...

  • Pas d'emploi industriel

    Pâtissant d'une image qui ne correspond plus à la réalité des métiers, le secteur peine à attirer des candidats, selon le baromètre trimestriel du site de recrutement Jobintree. On connaissait les difficultés à recruter dans le secteur de la boucherie mais l'industrie ou la médecine ne sont pas beaucoup mieux loties. Dans son baromètre trimestriel des «métiers dont personne ne veut», le site de recrutement Jobintree met en évidence la pénurie de candidats pour des offres de kinésithérapeute ou de carrossier, par exemple, alors même que la France compte toujours plus de trois millions de chômeurs. L'industrie peine à recruter en raison d'une mauvaise image... qui ne correspond pourtant plus à la réalité. «Les candidats potentiels s'imaginent un cadre de travail pas très propre avec des conditions de travail très difficiles, explique Carlos Goncalves, directeur général de Jobintree. Mais les métiers ont évolué, les qualifications requises sont bien plus élevées qu'autrefois et les conditions de travail moins pénibles.» Mais sans «opération marketing» auprès des candidats potentiels, impossible pour les métiers indutriels de battre en brèche ces clichés qui leur portent pourtant préjudice. Les métiers du secteur médical pâtissent eux des numerus clausus imposés aux formations du supérieur. Alors même que la demande est forte, en libéral comme en entreprise. «Les conditions de travail sont confortables, le salaire attractif mais les offres ne trouvent pas preneur, sauf des médecins en fin de carrière qui sont attirés par la sécurité de l'emploi», indique Carlos Goncalves. Plus surprenant, les moniteurs d'auto-école sont eux aussi concernés par une forme de numerus clausus: «peu de gens sont formés et obtiennent les autorisations nécessaires», délivrées notamment par les préfectures, ce qui aboutit de fait à une limitation des candidatures. Autre enseignement du baromètre: l'ubérisation ne fait pas forcément rêver les demandeurs d'emploi. Les difficultés que rencontrent les entreprises à recruter des profils de commerciaux en témoignent... sauf que cette problématique s'applique aujourd'hui à d'autres secteurs. «Ce sont des profils d'auto-entrepreneurs ou d'indépendants et, avec l'ubérisation, les entreprises ont de plus en plus recours à cette forme de travail», plutôt qu'au traditionnel salariat, souligne Carlos Goncalves. Mais la précarité de l'emploi dissuade les candidatures. Au contraire, d'autres métiers sont particulièrement prisés. À tel point qu'il est difficile pour les candidats de trouver un emploi, tant la concurrence est rude. La plupart des métiers concernés demandent peu de qualifications: homme ou femme de ménage, réceptionniste, agent d'entretien... Deux explications à ce phénomène. D'une part, «certains postulants présentent des qualifications supérieures à celles d'autres candidats», ne trouvant pas de travail dans la branche pour laquelle ils ont été formés, ce qui pénalise d'autant plus les candidats les moins bien formés, déplore Carlos Goncalves. Mais certaines formations, pourtant très demandées, ne garantissent plus un emploi à la sortie, comme celles dédiées aux métiers de secrétariat. «Il y a eu un engouement pour ces formations alors que les entreprises recrutaient de moins en moins d'assistants, de secrétaires... On constate aujourd'hui un embouteillage.»