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La bombe humaine

  • Management du futur

    Lorsqu'on cause innovation, on pense immédiatement au développement technologique. Ce n'est pas un hasard si le classement des entreprises innovantes est basé sur le nombre de brevets proposés. Et, en cela, la France est le 3ème pays le plus innovant au monde. Cependant, il est beaucoup plus rare qu'on parle d'innovation managériale. Mardi dernier, j'ai suivi un congrès à Barcelone dédié au management, et un des intervenants nous a présenté plusieurs types de management inédit plutôt intéressants. Trois cas m'ont vraiment déconcerté. Si vous êtes abonné au management académique, ces cas risquent de vous surprendre. En France, tout d'abord, le PDG de Mars Chocolat, Thierry Gaillard, fait presque tous les mois un débat d'une demi-heure, où il prend le temps de répondre aux questions de ses employés. Cette formule est particulièrement attrayante, surtout quand l'on sait combien les salariés ont bien moins confiance en leurs directeurs qu'en leurs chefs directs. Aux Etats-Unis, au sein de l'entreprise WL Gore (8000 employés), les nouveaux embauchés ont droit à plusieurs semaines pour faire le tour de l'entreprise et des projets, et nommer les équipes avec lesquelles ils rêveraient de travailler. Les équipes élues peuvent ensuite adopter ou refuser la candidature. Cette méthode est intéressante car elle met nettement en lumière les deux grands axiomes du plaisir au travail, c'est-à-dire l'intérêt du travail et l'appartenance à un groupe dans lequel on se sent à l'aise. Retour en France enfin, où SNCF a pour sa part mis sur pied une communauté managériale via un portail ouvert aux encadrants. Sur cette plateforme, les managers peuvent discuter de leurs problématiques, échanger sur leurs pratiques ou même pouvoir contacter par téléphone (pour avoir le soutien d'une autre personne que son manager). Cette démarche est surtout efficace au sein d'entreprises où les managers sont très isolés dans leurs fonctions et se retrouvent seuls dans des situations dont ils n'entrevoient pas de solutions. Celle-ci permet de développer les liens entre des managers qui partagent des problématiques très proches, bien qu'ils font des coeurs de métier très différents. L'opportunité de pouvoir partager entre managers autorise parallèlement une plus forte liberté dans les échanges, ce qui est très peu le cas avec la hiérarchie (peur d'être mal vu, par exemple). Ce congrès à Barcelone montrait que, comparé aux autres domaines de vie, le management avance aujourd'hui au rythme d'un escargot et n'a presque pas bougé depuizs un siècle. Mais des révolutions sont à l'oeuvre, et certaisn ont bien compris que le management actuel était un frein à l'entrprise de demain. Pour plus d'informations, allez sur le site de l'organisation du séminaire à Barcelone et trouvez toutes les infos.

  • Les sourates médinoises

    En 622, le Prophète fuit les persécutions et émigre à Médine. Contrairement aux préjugés et à la version des islamistes, Mohammed n’a pas de projet d’« état musulman » à cette époque. Bien au contraire, il convoque les habitants de Médine – les tribus juives et les tribus arabes non musulmanes – et leur propose un pacte, appelé la Constitution de Médine, qui reprend les principes édictés par les versets cités ci-dessus et met les habitants sur un pied d’égalité sans religion prédominante. En la signant, les habitants s’engagent les uns envers les autres à se respecter et à défendre Médine des invasions étrangères. Ce n’est que dans un deuxième temps, après désaccords et conflits avec ces tribus, que le Prophète passe à la création d’un État musulman. Celui-ci apparaît comme une nécessité et non comme une volonté, encore moins comme « l’essence » de l’islam qui serait par nature politique… Et comme durant l’histoire du christianisme, lorsque l’islam devient « religion d’État », le mélange politique/religion produit de la violence : au nom de Dieu, on produit des jugements, on fait des lois, on doute de la fidélité des uns ou des autres… Les sourates belliqueuses « descendent » à ce moment-là, incitant les musulmans à se battre. D’expédition en expédition guerrière, on assiste à un changement de ton dans le Coran pendant cette courte période. L’islam s’impose dans les conflits, d’abord contre les polythéistes de La Mecque : « À l’expiration des mois sacrés, tuez les polythéistes partout où vous les trouverez ! Capturez-les ! Assiégez-les ! Dressez-leur des embuscades ! S’ils se repentent, s’ils accomplissent la salât, s’ils s’acquittent de la zakât, laissez-les en paix, car Dieu est Clément et Miséricordieux. » Il ne s’agit plus de faire confiance aux gens du Livre et de s’enrichir de leurs différences mais de s’en méfier : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas de confidents en dehors de votre communauté, qui feraient tout pour vous corrompre, car rien ne leur ferait plus plaisir que de vous voir en difficulté. La haine qu’ils vous portent perce déjà dans leur propos. Que dire alors de celle qu’ils cachent dans leurs cœurs ? Vous voilà donc suffisamment avertis ! À vous d’en juger ! » Ou, dans le même registre : « Vous, musulmans, vous les traitez en amis, alors qu’ils vous traitent en ennemis : et vous croyez au Livre dans sa totalité, pendant qu’eux, quand ils vous rencontrent, vous disent qu’ils sont eux aussi des croyants. Mais dès qu’ils se trouvent seuls, ils se mordent les doigts de colère contre vous. Dis-leur : puissiez-vous mourir de rage ! Dieu connaît si bien le fond de leur pensée. » Puis la violence est prônée contre tous ceux qui sont en discorde avec le Prophète, que le Coran appelle « les hypocrites » puisqu’ils sont accusés de ne pas avoir tenu parole au cours de leur alliance première (le pacte de la Constitution de Médine). Certains versets ne font plus de différences entre les polythéistes et les gens du Livre « hypocrites » : « Qu’avez-vous à vous diviser en deux clans à propos des hypocrites ? Dieu ne les a-t-il pas refoulés dans le camp des impies pour prix de leurs agissements ? Vous voulez donc remettre dans le droit chemin ceux que Dieu a égarés ? » « Ils souhaitent tant vous voir perdre votre foi comme ils l’ont eux-mêmes perdue, pour que vous soyez tous pareils. Ne formez pas de liaisons avec eux, tant qu’ils ne seront pas engagés résolument dans la Voie du Seigneur. Mais s’ils optent carrément pour l’apostasie, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. » Comme chez les chrétiens, les théologiens ont limité la violence en rappelant le principe fondamental de l’islam, qui consiste à distinguer les passages du Coran dits « principiels » – qui énoncent des vérités constantes – et les passages « circonstanciels », liés au contexte historique de la révélation. « Ce n’est pas parce qu’un conflit mentionné dans le Coran se justifiait à l’époque du Prophète qu’il doit être sacralisé et poursuivi de tout temps et en tout lieu. » De plus, les commentaires des savants musulmans stipulent que ces versets circonstanciels ne permettaient pas à des individus de tuer intuitu personae « les traîtres » mais autorisaient le gouvernement à instaurer ce type de condamnation. Évidemment, les radicaux s’approprient en leur nom propre le « droit de tuer », absolutisent ces versets en les isolant de leur contexte et en oubliant tous ceux de la période mecquoise, qui posent les principes musulmans de base. Le même glissement a été opéré lors des Croisades et de l’Inquisition par les Chrétiens.

  • En cuisine

    La cuisine et moi, ça fait deux. Et quoi qu'on fasse, ça ne fera jamais un. Pour autant, je me suis laissé tenter dernièrement par un cours de cuisine à Paris. Je préfère ne pas dire pourquoi : je me contenterai de dire que ma femme peut s'avérer assez entêtée, lorsqu'elle est convaincue qu'il faut faire quelque chose... J'y suis donc allé sans conviction. Mais curieusement, je dois dire que j'ai été enchanté par l'expérience ! Ça peut paraître invraisemblable, mais ça ne l'est pas tant que ça, en définitive : parce que les conditions dans lesquelles on cuisine dans ce genre d'atelier sont carrément différentes de celles qu'on peut avoir chez soi ! Et ça, je peux vous assurer que ça change tout ! Tout d'abord, le cadre compte pour quelque chose : les cuisines étaient spacieuses et bien équipées (alors que dans ma cuisine, on a vite tendance à se marcher sur les pieds) ! Ensuite, il y avait le chef qui était là pour donner des conseils tout du long (je déteste cuisiner chez moi parce que je ne suis jamais vraiment certain de moi, quand je suis une recette ou que je découpe un aliment). Mais ce qui a fait toute la différence, je pense, c'est que je n'ai fait que cuisiner pendant cet atelier ; j'ai sali une multitude de plats... sans devoir faire la vaisselle au final ! Et me concernant, je peux vous assurer que ça fait son petit effet ! Parce que si je suis adepte de la vente à emporter, c'est aussi parce que j'ai du mal avec la vaisselle et le ménage qu'il y a à faire après chaque plat. Cependant, je dois dire que cette activité culinaire ne m'a pas spécialement encouragé à cuisiner davantage à la maison. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je n'ai ni un chef à la maison pour me rassurer, ni des ustensiles de fou furieux : cet atelier n'est donc manifestement pas un moyen efficace pour convaincre les individus qui sont dans mon cas de se mettre à la cuisine ! Mais en dépit de ça, je vous recommande quand même ce cours de cuisine: l'ambiance y est très chaleureuse. Je vous mets en lien le site, si vous souhaitez creuser la question. Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de cette activité de cours de cuisine moléculaire à Paris.